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    Imentet

    Extrait du livre L'Egypte ancienne et ses dieux : Dictionnaire illustré , Jean-Pierre Corteggiani

    Personnification de l’Occident. Si un certain nombre de divinités telles que Ach (dieu du désert occidental), Ha (dieu du désert occidental), Igaï (dieu des oasis du désert Libyque), Khenty-imentiou (antique divinité de la nécropole d’Abydos), Meresger (déesse serpent, protectrice de la nécropole thébaine), ou même la Dévorante (le monstre qui se tient prêts à dévorer le cœur du défunt s’il ne passe pas le jugement de Mâât), sont liées, d’une façon ou d’une autre, au « bel Occident », la déesse Imentet est, quant à elle, la personnification de la notion géographique elle-même, parfois plus précisément celle du « désert occidental », tout comme Iabet représente l’Orient ou « le désert oriental ».

    Elle apparaît beaucoup plus souvent que cette dernière, qui lui est symétriquement opposée, car le fait d’incarner la région où le soleil meurt tous les soirs fait d’elle une déesse des morts, protectrice des cimetières, et en particulier de la nécropole thébaine, à partir du Nouvel Empire.
    Mandatée par Osiris lui-même, qui lui demande de les recevoir et de les introduire auprès de lui, son rôle principal est d’accueillir les défunts arrivant « en paix » dans leur nouveau séjour : on la voit donc, debout ou assise, aux côtés du dieu des morts, vers qui ils avancent sous la conduite d’Anubis, ou, toute seule, les embrassant ou leur tendant les bras pour leur souhaiter la bienvenue.

    Dans ces fonctions, elle se confond totalement avec Hathor comme le montrent, ici ou là, des inscriptions semblablent à celle qui accompagne une scène de la tombe d’Horemheb montrant le roi en train d’offrir deux pots de vin à une Hathor coiffée du signe hiéroglyphique de l’Occident.
    Imentet, qui n’a pas d’autres attributs spécifiques, se reconnaît à l’emblème de l’Occident qu’elle porte soit au sommet du crâne, soit maintenu sur la tempe par le bandeau qui ceint habituellement sa perruque tripartite. L’emblème en question peut avoir trois formes différentes : il est constitué d’une hampe sur laquelle est fixé un support – sorte de « butte » arrondie- qui, selon les cas, est surmonté d’un faucon, d’une plume d’autruche,  ou des deux, la plume étant alors plantée légèrement de biais devant l’oiseau, comme on peut le voir, dès la Ve dynastie, dans le temple funéraire de Sahourê, où la déesse, représentée en compagnie de Ach, était directement coiffée d’une espèce de mortier supportant le faucon et la plume.
    Notons que lorsqu’Imentet tient un sceptre en main, il s’agit toujours du sceptre –ouas (sceptre « masculin ») et non du sceptre –ouadj supposé être l’apanage des déesses.
     

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