Accueil • Autres Mondes • Monde Végétal • La Mandragore (I)

    Derniers articles publiés

    Mandragora officinarum (toxique)

    Par Aranna ©

     

    Son nom viendrait du grec mandra, étable, et agauros, nuisible. En allemand, le mot alruna désignait à la fois la plante et la sorcière. En Angleterre, elle était nommée Satan’s Apple.

    De toutes les plantes sorcières, la mandragore est, et de loin, celle qui a le plus fait couler d'encre. Une des premières explications à cette célébrité est sans doute sa forme anthropomorphique. De nombreuses légendes, de la plus mystérieuse à la plus poétique courent sur elle. Les plus connues faisant allusion à son origine et à sa dangerosité. On disait par exemple qu'elle poussait sous les gibets, grâce au sperme des pendus. À l'état naturel, la mandragore préfère les sols pierreux et humides, mais ensoleillés.

    Sa cueillette exigeait de grandes précautions : son cri tuait quiconque l'entendait. On employait donc un chien, de préférence noir, pour déterrer la plante, afin de contrer cette malédiction. Ces précautions servaient probablement de justification à son prix élevé. La racine de mandragore atteignait en effet des prix démentiels. En 1690, une racine coûtait en moyenne l’équivalent du salaire annuel moyen d’un artisan.
    Dans le Limousin et le Poitou, la mandragore était aussi le nom d’une bête fabuleuse à tête d'homme, au buste et aux pattes de lion et à la queue de serpent.

    La mandragore est connue et utilisée depuis l'Antiquité. Elle est employée pour les exorcismes, chasser les mauvais esprits, mais aussi comme moyen de protection, pour la fertilité et a la réputation d'être aphrodisiaque. Elle fût également utilisé comme anesthésiant et dans les traitements des maladies de peau, les blessures infectées, ainsi qu'en tant que purgatif et qu'émétique au cours de l'histoire de la médecine. Cependant, la mandragore est toxique, comme toutes les solanacées, il convient donc de ne pas l'utiliser en usage interne, et de se laver les mains après usage. À fortes doses, elle provoque suées, délires et hallucinations.

    Dans les pratiques contemporaines la mandragore a conservé sa réputation, et son parfum de mystère continue à fasciner. Même si on ne l'emploie plus dans les onguents ou comme plante hallucinogène, on en fait pousser dans son jardin de sorcière, on en ajoute quelques fragments pour décupler les effets d'un encens ou d'un sortilège. Il faut savoir que c'est une plante assez fragile et difficile à faire pousser. Cependant, on en trouve relativement facilement, à cause ou grâce à la vague de renouveau de l'ésotérisme. Contrairement à une idée répandue, la mandragore n'est pas interdite à la vente en France.
    La Mandragore peut également constituer une très belle offrande à faire lors d'un rituel, d'un sabbat ou d'un astor. Parmi les divinités présentant des affinités avec cette plante, on trouve évidemment Hécate, Circée, Médée mais aussi Cerrydwen, Isis, Hathor...
     

    À lire aussi