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    Sureau

    Par Aranna ©

    Elder en anglais ; Holunder ou Holder en allemand ; Sambuca en portugais ; Sambuco en italien ; Sauco en espagnol, Ruis en gaélique.

    Parmi la vingtaine de sortes de sureaux qui existent, voici les trois les plus courantes sous nos latitudes.

    Le sureau noir (sambucus nigra) que l’on appelle parfois sahuc, sambuc ou encore grand sureau. C’est de loin le plus répandu et le plus fréquemment utilisé. Il peut atteindre 10m de hauteur.
    Le sureau rouge, dit « à grappes » (sambucus racemosa). Également nommé sureau corail, sureau alpin, sylvestre. Plus acide que le sureau noir, ses baies rouge vif sont cependant comestibles.
    Le sureau yèble ou hièble (sambucus ebulus) encore appelé sureau nain, petit sureau, sureau en herbe. Il ressemble beaucoup au sureau noir mais ne doit pas être confondu avec lui : ses baies sont toxiques. Pour le reconnaître, il faut savoir que c’est le plus petit des trois, il mesure en moyenne 70 à 130 cm (jamais plus de 2m). Sa floraison est beaucoup plus tardive : juillet à septembre contre mai-juin pour le sureau noir. Ses fruits forment un corymbe dressé alors que celle du sureau noir est tombante.
    Le sureau a également une multitude de noms locaux.

     

    Légendes et superstitions

    Le sureau, souvent désigné sous le nom de Dame Sureau, est très largement relié à la Déesse-Mère et connu comme étant « L’arbre des sorcières ». Au Danemark, il porte le nom de  Frau Hylle ou Hyllemoer (Dame Holle, aspect bienveillant de Hel). Dans les pays Baltes, on déposait des offrandes aux pieds des sureaux car on disait que l’arbre était la demeure de Puschayt, le dieu de la terre.
    Dans bon nombre de légendes et superstitions il sert de portail entre les mondes et de demeure pour les esprits.
    Hildegarde de Bingen lui prête une nature « plus chaude que froide » et le désigne par le nom de Holerbaum.
    On disait que les sorcières pouvaient prendre la forme d’un sureau. Un sureau solitaire serait ainsi une sorcière déguisée. C’est pourquoi il saignait (laissait échapper une sève rouge) quand on le coupait.
    On ne doit jamais couper du sureau sans avoir au préalable demandé la permission à l’arbre.
    Dans le calendrier celtique tel qu’on l’utilise aujourd’hui, le mois du Sureau (Ruis) est le treizième mois, lié à la mort et au recommencement. Selon les sources, le mois du Sureau s’étend du 25 novembre au 22 décembre ou bien occupe les derniers jours d’octobre.
    En Irlande, les sorcières se servent de bâtons de sureaux comme montures. C’est un bois très utilisé pour fabriquer baguettes et autres outils magiques. Ainsi les sifflets en bois de sureau servent à appeler les esprits.
    Parfois également appelé Arbre de Judas parce qu’on dit que Judas s’y pendit après sa trahison. En anglais il est nommé aussi Devil’s wood.On dit également que le sureau serait le bois de la crucifixion.
    Brûler du bois de sureau à l’intérieur d’une maison risquait d’amener le Diable.
    De vieilles superstitions anglaises recommandent de ne pas laisser un nouveau-né dans un berceau en bois de sureau, car les fées viendraient perturber son sommeil et le pincer. En Allemagne, les cercueils étaient traditionnellement en bois de sureau.
    Se faire un bain d’yeux avec la sève donne la capacité de voir les êtres invisibles.
    Malgré ses nombreuses indications thérapeutiques, on pensait autrefois que le parfum de ses fleurs pouvait provoquer des malaises et même la mort.
    Paradoxalement, le sureau est également réputé pour être un arbre protecteur ; pour cette raison, il est souvent planté à proximité des maisons et des étables. Il protégerait également de la foudre.
    Porter sur soi un rameau de sureau protège de toutes les agressions. En Castille, le père de la mariée et la mère du marié bénissent la maison où vont vivre les jeunes époux en lançant sur la demeure des baies de sureau. Les rameaux sont ensuite brûlés et on jette une poignée de cendres chaudes sur chacun des deux époux en appelant par leurs noms les grands-parents défunts.

     

    Utilisation médicinales

    Note : cet article ne peut en aucun cas se substituer à des prescriptions médicales. En cas de doute, il convient de toujours demander son avis à un professionnel.

    Les propriétés curatives du Sureau sont connues depuis l’Antiquité. Le Sureau a une action antinévralgique, antibactérienne, anti-inflammatoire et hypotensive.
    Les Amérindiens s’en servaient en compresse pour lutter contre les maux de tête et d’oreilles, les inflammations des yeux. Les Creeks en broyaient les racines les plus tendres, en faisaient une macération et appliquaient cette potion sur les seins des femmes.
    Aujourd’hui on utilise surtout les fleurs ou les baies mais la seconde écorce ou les feuilles peuvent aussi être employées. Il faut prendre garde à ne pas utiliser de baies qui ne soient pas parfaitement mûres car ils peuvent provoquer diarrhées et vomissements.

    Quelques utilisations des différentes parties du Sureau

    baies (suc) : constipations et névralgies (Int.)
    seconde écorce (décoction) : rhumatismes (Int.)
    fleurs (infusion) : rhumes, bronchite, cystite (Int.) ; problèmes de peau, affections oculaires (Ext.)

     

    Utilisations  pratiques  & Recettes

    Un tas de compost placé au pied d’un sureau verra sa maturation s’accélérer. Ajouter des feuilles de sureau dans le compost également. Le purin de feuille éloigne efficacement mulots et campagnols.
    Les bergers des Pyrénées font les aiguilles qui servent à perforer le fromage de brebis en bois de sureau.

    Purin de sureau noir

    Mettez un kilo de feuilles fraîches dans 10l d’eau. Laissez macérer une semaine, filtrez, épandez.

    Teinture naturelle pour les cheveux

    Les baies colorent les cheveux en noir. Faire bouillir 100g de baies dans 1l d’eau pendant 4 ou 5 minutes. Laissez reposer 10 minutes, pressez dans un un linge, puis appliquez sur les cheveux lors du dernier rinçage après un shampooing. Attention, le jus tâche très fort.

    A lire : Sous la protection du Sureau, B. Bertrand, Le compagnon végétal

     

    corymbe nm (ko-rin-b')
    Terme de botanique. Assemblage de fleurs ou de fruits qui, bien que les rameaux ou pédoncules naissent de divers points de la tige, s'élèvent au même niveau. La fleur de la mille-feuille est en corymbe.
    Source

     

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