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    Le Labyrinthe

    Par Aranna © 2006

    Ce qu'un homme ne sait pas ou ce dont il n'a aucune idée se promène dans la nuit à travers le labyrinthe de l'esprit.
    Johann Wolfgang von Goethe

    Quiconque a essayé un jour d'entrer dans Internet sait qu'il ne faudrait pas parler d'autoroutes de l'information mais plutôt de labyrinthes.
    Jacques Attali

    Le labyrinthe tel que nous le connaissons aujourd'hui provient directement du mythe de Thésée et de la légende du Minotaure. C'est pour cacher le fruit des amours de Pasiphaé, sa propre femme, avec un taureau, que Minos fit appel à l'architecte Dédale afin qu'il construise un palais aux couloirs, cul-de-sac, pièces et enchevêtrements si nombreux et tortueux que le monstre ne pouvait en sortir. Au cours d’une escale à Délos, on nous dit que Thésée fit halte au temple d’Aphrodite et lui consacra une statue. Il effectua avec ses compagnons la danse de la grue, censée représenter les tours et les détours du labyrinthe. Sous cet aspect, le labyrinthe n’est pas sans rappeler des rites à caractères chamaniques : descente d’un jeune héros dans le monde d’en bas et son retour, transfiguré par une tâche qu’il à accompli. Ainsi Thésée peut se rapprocher d’Orphée, descendu aux Enfers pour y retrouver son Eurydice, à la différence qu’Orphée échoua dans son épreuve. Toutefois, Thésée a t-il vraiment accompli l’épreuve en abandonnant Ariane ?

    Cependant, réduire le labyrinthe et son histoire au seul mythe de Thésée et du Minotaure me semble réducteur. Des recherches archéologiques et anthropologiques ont démontré l'existence d'autres formes de labyrinthes dans d'autres civilisations, celtiques notamment : les spirales de New Grange, qui pourrait être une forme primitives de labyrinthe. En outre, le tracé complexe du palais construit par Dédale peut se retrouver à l'état naturel, notamment dans certaines grottes préhistoriques.
    D'après les écrits de Virgile, un labyrinthe était tracé sur la porte de l'antre de la Sibylle de Cumes. Il était utilisé comme moyen de défense aux portes des villes fortifiées et tracé sur les maquettes des maisons antiques pour les mêmes raisons, la situant ainsi au centre du monde, à l'abri des intrusions et des dangers. Le labyrinthe la protégeait non seulement des attaques humaines mais aussi contre les influences maléfiques et les mauvais esprits.

    Il peut avoir une fonction militaire en protégeant une ville, un village, une place forte, un tombeau, un trésor et n’en permet l’accès qu’aux initiés qui connaissent en le plan. Sa fonction religieuse est similaire, protégeant l’initié dans sa relation avec les dieux.
    Le labyrinthe de Salomon, notion présente dans la Cabbale et reprise par la suite par l'Alchimie. Ce labyrinthe représente le Grand Œuvre à accomplir. Il est représenté en blanc et en noir, symbole de la nécessité de combattre ses deux natures et de les sublimer : solve et coagula. Dans ce sens, il pourrait être rapproché de l’Ourobouros C'est la victoire du spirituel sur le matériel.

    C’est cet aspect du labyrinthe qui est présent dans certaines cathédrales.

    En parcourant le labyrinthe qui figure le chemin menant à Jérusalem, le pèlerin qui ne pouvait se rendre en terre sainte en suivait le tracé, pied nu ou à genou, mimant l’accomplissement d’un parcours symbolique, une purification et un cheminement intérieur. Le labyrinthe est également une porte vers son être intérieur, et méditer sur un labyrinthe en suivant du doigt son tracé peut être une précieuse manière de méditer ou / et de trouver des solutions à des problèmes quotidiens.

    De plus, par sa forme qui combine souvent les motifs du cercle, de la spirale et de la tresse, le labyrinthe peut être rapproché de la signification des entrelacs celtes, c'est-à-dire comme une figuration de l’éternité, du recommencement et du devenir.

     

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