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    Rêveries sur le Green Man

    Extrait du livre Pharmako/Poeia, Dale Pendell 
    Traduction & adaptation Aranna © 2013 

    Retournons en arrière. En Amazonie, Curipira, le Maître des Animaux, un esprit dangereux que chaque chaman doit rencontrer, qu’il doit être capable de charmer avec les mots et les chants, avec qui il doit être capable de négocier. Il ne porte aucun vêtements, a les cheveux broussailleux, un énorme pénis, de grandes dents vertes, pointues comme des crocs. Retournons encore plus loin.

    Dans une taverne en Angleterre, un visage vert sur une enseigne, un chapeau vert, le vert Robin, Robin des Bois. Peut-être Jack-of-the-Green (Ndt: Le feuillu), le fils prodigue qui n’a jamais travaillé, mais qui enfin de compte, emballe la fille.

    Encore plus loin, puis à l’église. Des arches gothiques s’élèvent d’un visage feuillu, un visage avec un feuillage surgissant de sa bouche et de ses yeux, lierre et chêne ou acanthe. À Exeter, il y a vingt sculptures du Green Man à l’intérieur de la cathédrale. De deux d’entre elles jaillit Artemisia (Ndt : l’armoise), des feuilles d’armoise magnifiquement complexes qui enveloppent et entourent la colonne.

    Dans certaines cathédrales l’Homme Vert partage le tympan avec les prophètes. Dans d’autres, dissimulé derrière les saints, il porte le poids de la civilisation sur ses épaules, son visage de pierre sculpté à la base des colonnes et des arches. Presque toujours, c’est de sa bouche aussi bien que de son visage que le feuillage jaillit. Les feuilles sont ses mots. Il parle les feuilles, les vins et les tiges souples.

    (…)

    Plus loin, les masques romains, Bacchus. Bakta. Bakti. Un sentier avec le coeur. Shiva, peut-être.

    Suspendu au fronton du théâtre, mais pas avec les comédiens. Pendu aux Mystères : Dionysos et la Grande Déesse, voyageant ensemble. L’enfant de la Grande-Mère, dieu de la terre sauvage, avec des serpents dans les cheveux, le conquérant dont les armées brandissent flûtes et cannes vertes, virga, défaisant tous les opposants avec l’amour et la danse. Des femmes parées de feuilles de lierre, des femmes nourrissant au sein des louveteaux.

    Hirsute*, l’homme chevelu. L’homme sauvage.
    Der Wald* : forêt. Sylvain. Sauvage.
    Vert est Osiris, dont nous nous souvenons.

    L’Homme Sauvage est l’Homme Naturel : l’homme sans civilisation – il est la projection de notre nature essentielle imaginée, ce que nous aimerions être, sans la police pour nous contrôler. L’Homme Sauvage médiéval étant considéré comme stupide : la justification de la féodalité. Vous avez besoin de la noblesse parce que les gens en soi sont trop stupides pour se nourrir, ou s’habiller ou s’abriter eux-même.

    L’Homme Sauvage aujourd’hui est le sauvage : la justification de l’existence de la police. Vous avez besoin de la police et des prisons parce que les personnes dans l’anarchie sont autant de bêtes vicieuses, le chien mange le chien, l’homme mange l’homme. Au moins à la fin ils assassinent leur père.

    Mais le Green Man est la projection de l’Arbre de Vie, la force de vie. Il est la sève, la fertilité, le sperme, peut-être impuissant et insensé mais pas stupide. Il est le Prophète de la Nature, le Monde Primal. Il est créatif mais singulièrement passif. Une sorte de Yin.

    Une projection de l’essence de la nature sans la civilisation et sans l’humanité : la vie végétale. Avant la morale. Il n’est pas l’Arbre du Bien et du Mal, il est l’autre arbre. L’Arbre-Soleil.

    Nous pensons à Dionysos.

    [...]

    Dionysos, le démembrement de sa naissance et de sa mort. La folie qu’il apporte n’est pas immoral mais pré-morale, un enfant absorbant les délices dans la beauté et l’émerveillement.

    Dionysos comme révélateur des mystères, dont les suivants portaient une énorme barbe faite de feuilles. Une armée de femmes portant des instruments de musique. Ils marchent vers une victoire sans effusion de sang en Inde. Pan et Silène s’engagent tous les deux sur la route de la responsabilité. Les femmes les acceptent. L’armée invincible chevauchant sur des ânes.

    Dionysos, la panthère, le chasseur. L’animation, la force vitale. Pas immoral, amoral.

    Il est le dieu de l’excès, le dieu de l’ivresse sacrée, l’indomptable de l’autre côté de la barrière. Jésus était le véritable vin mais Dionysos garda le lierre sauvage.

    La panthère, la pie, les cymbales : Dionysos est la ligne pourpre, la voie de la sexualité et de la sensualité, la voie des poisons.

    N’oubliez pas que c’était Dionysos qui accorda à Midas le don de l’or, le toucher aurifère, la Pierre Philosophale. Dionysos était un Maître Alchimiste. Il avait quelque part une forge et un creuset.

    [...]

    Vert est Osiris. "L.S.", dans le Birmingham Post, en mai 1925, spéculait sur le fait que le Green Man, commun sur les enseignes des tavernes anglaises était Osiris, un héritage des Romains. Bien que d’origine Classique, le Green Man romain était davantage comme Attis, l’amant émasculé de Cybèle, qui se pendit lui-même à un pin. Comme Osiris, Attis était vert, et comme Osiris et Tammuz, un autre aspect du "Dieu mourant". Le même auteur soutient que la hache et la bouteille sur les enseignes de ces tavernes est également d’origine égyptienne, la hache étant un hiéroglyphe pour le divin, et "neter", la bouteille, le réceptacle d’où Noun puise le nectar de l’immortalité.

    Osiris était le John Barleycorn des origines, le dieu occis dont le corps, le grain, est éparpillé au vent au moment du battage. A l’instar de son descendant mythologique Dionysos, Osiris vient également des Indes, la conquête par l’enseignement des Arts, la sculpture, la musique, le brassage de la bière et la fabrication du vin. Osiris est parfois représenté avec des épis d’avoine jaillissant de lui – un dieu du grain.

    Le jaloux Set découpe Osiris en quatorze morceaux et les éparpille. Isis les rassemble et les réunit, mais elle ne retrouva jamais son pénis, mangé par un crabe. Alors elle lui en fabriqua un à partir d’un morceau de bois.

    Si Osiris est le Nil en crue qui renouvelle Isis, la terre, et la garde fertile, Set est la sécheresse, la désertification. Set semble gagner.

    [...]

    Dionysos, l’Enfant Divin. Le Fils d’une mère célibataire, un enfant de l’amour, comme jésus.

    Les Mères de l’Amour Dévorant et leurs petits enfants dieux : des garçons bien aimés qui ne peuvent grandir. Certains d’entre eux tournent mal. Dionysos, qui ne voulait pas être comme son père, est finalement le seul Olympien à rester fidèle à sa femme. (Qu’Héphaïstos ne soit pas rentré dans Athéna ne signifie pas qu’il n’est pas coupable.)

    Les Vierges Noires commencent à apparaître en Europe entre le onzième et le douzième siècle, au moment où les Green Man prolifèrent. Les églises ont souvent été construites sur les sites des sanctuaires d’Isis et de son Fils Divin, Horus. Le Christ, Enfant Divin. Le père dissimulé dans le feuillage.

    [...]

    Le Green Man a été sculpté dans le bois et la pierre, accepté de lourdes charges, supportant les fontaines, les arches, les cathédrales. Les feuilles s’échappant de sa bouche s’enroulant autour des colonnes.

    Il vint avec le Mai. Il vint portant l’été. Sur un portail de la cathédrale de Chartres, il y a trois Green Man : l’Homme Vert du chêne, l’Homme Vert de la vigne et entre eux, l’Homme Vert de l’acanthe. Ils sont le sauvage, le cultivé et la frontière, où les plantes et les gens de l’entre-deux vivent, des plantes qui n’ont pas perdu tout leur poison.

    Beaucoup de Green Man ont un air diabolique : une grimace, une touche de folie, comme s’ils possédaient un humour particulier, une connaissance intérieure qui les situaient à l’écart des démons, des gargouilles et des saints. Ou alors, deux têtes seront entremêlés ensemble, comme deux sages aux cheveux et aux barbes de feuilles, ressemblant à des druides ayant reçu le privilège d’être admis dans la Sainte Demeure. Ou parfois, un maçon ou un architecte aurait sculpté un Green Man en lui donnant ses traits, un homme ordinaire partageant de loin la compagnie des immortels.

    Il y a aussi quelques Green Women. À Briode on trouve une représentation semblable à une sirène dont la queue est fendue jusqu’à l’entrejambe, évoquant l’ofyacu mama des indiens Quechua, à la place des écailles et des nageoires, la queue est recouverte de branches et de feuilles.

    A St-Bertrand de Comminges, un ange est représenté sous la forme d’une femme accroupie donnant naissance à la tête d’un Green Man. Ou peut-être n’est pas un ange, mais Lilith, comme une harpie, pourvue d’ailes mais sans bras et avec des pattes d’oiseau comme chez Bosch. Mais son expression est douce et bienveillante, même dans l’accouchement…

    Dionysos est le poison. Il est en même temps celui qui libère de la folie et celui qui la provoque. Héraclite disait que Dionysos  était le dieu de la mort, Hadès, et excusait les chants obscènes de ses adorateurs en raison de la nature divine de leur inspiration.

    Dionysos est le pharmakos (Ndt : la victime expiatoire dans un rituel de purification), le bouc émissaire de la fertilité qui descend aux enfers et fait naître au printemps. Il est le vagabond, le joueur de flûte bossu, Kokopeli, semant les graines de sa horde. Ou encore, Cernunnos, avec une bite en érection. Ou l’Amanita muscaria, la tête rouge pénétrant la vulve, le prépuce tendu, un nourrisson sanglant à l’instant de la naissance.

    [...]

    Sérotonine, dopamine.

    Dionysos vit dans les enfants mais nous le traquons sans relâche et le déracinons. Nous demandons de la courtoisie, de la civilité même dans la célébration, mais l'esprit continue de chanter. Nous renions le dieu. Nous légiférons et stigmatisons. Nous devenons fou.

    Nous renions notre propre intoxication. En face du souvenir, nous oublions. Nous renions la nature sacrée de l’ivresse, voyant seulement l’aspect profant et déniant ainsi le printemps. Alors nous démembront. Nous tuons et analysons. Comme le crabe, nous démembrons.  Comme Penthée nous emprisonnons les fidèles, ne voyant pas qu’ils sont nos propres enfants. N’est-pas folie ?

    L’esprit continue de chanter.

    [...]

    La verdeur est le virdian : verdoyante, verdure, la force créative de la nature.
    Le Créateur intrinsèque dont nous ne sommes pas séparés.
    Viriditas.

    Jésus est "l’incarnation de la verdeur", né de Marie qui est la viridissima, la plus verte des branches.

    Du latin virga : branches souples, mot parent de virgo, la vierge.

    La verdeur est le Tout, le lien entre le microcosme et le macrocosme.

    La verdeur est la force humide : ugra phusis, l’essence humide, l’épithète de Dionysos.
    Le péché tarit, la sécheresse et le froid qui endurcit le cœur  L’humidité et le feu sont l’oeuvre de l’esprit. L’Élixir de la Rosée Céleste.

    Vala : l’enveloppe humide de l’âme.

    Sortez O Vala de l’herbe et de la Rosée silencieuse
    L’ascension de la rose de la mort pour l’Homme Éternel qui ressuscite. 

    Wiliam Blake, Four Zoas

    L’humidité vitale : le sperme animal, la semence, la substance gluante, du latin virus, la sève toxique ou le suc des plantes, virulent.
    Le poison est la verdeur, le poison de la vie, pénétrant et infusant le corps du monde.

    L’Homme Vert en tant qu’Imagination Divine, le Monde Divin,
    Ses mots sont de feuilles.

    Le Green Man brandit des serpents, ou il a des serpents émergeant de sa tête,  avec des feuilles, le vert des bosquets sacrés. Bosquets sacrés, temples sacrés.

    Beaucoup de temples indiens ont commencé comme de simples autels, prenant gagnant progressivement en taille et en importance. Les plus modestes d’entre eux ne comportaient qu’un arbre, une pierre et un serpent.

    Le serpent est le pharmakon (Ndt : dans son sens le plus simple, remède). Quand les tribus des Hébreux furent empoisonnées par des morsures de serpent, Nehustan, le serpent d’airain se prit d’amitié pour eux. Moïse fit s’élever un serpent de bronze et tous ceux qui le regardèrent furent guéris.

    Plus tard, Ezechias détruisit Nehustan, et fit abattre tous les bosquets sacrés d’Asherah.
    La folie furieuse était revenue.

    Saint Patrick chassa tous les serpents d’Irlande en empoisonnant la terre de son bâton. Il se protégea lui même avec la magie et les malédictions. Il utilisa Le Cri du Daim (Ndt : une prière attribuée à Saint Patrick, qui a très probablement servi de trame pour l’Armure des Sorcières) contre "les sortilèges des femmes, des forgerons et des druides; contre toutes les connaissances bannies de l’âme des hommes."

    Les saints et les missionnaires chrétiens abattirent les bosquets sacrés. Le culte des arbres était particulièrement difficile à éradiquer. Vivants et enracinés, les arbres étaient d’un intérêt médiocre pour un dieu du ciel, et même probablement vus comme des rivaux potentiels. Peut-être  à cause de la croix, le christianisme était incapable d’incorporer ou d’assimiler l’Arbre Sacré au sein de sa tradition comme il l’a fait pour de nombreuses autres croyances païennes.

    La croix maudite.

    Saint Boniface (Ndt: Boniface de Mayence) fit couper le chêne sacré de Thor, et utilisa son bois pour édifier une chapelle. Il était si fanatique que la seule manière que les Frisons trouvèrent pour l’arrêter fut son assassinat en 755.

    Le pouvoir des mots : la victoire du Christianisme sur le paganisme est aussi le triomphe de l’alphabétisation et d’une vision du monde cosmopolite, c’est le triomphe de l’Apocalypse  L’Apocalypse est à la fois leur pouvoir, la source de leur fanatisme et leur plus grand maux. Il est leur Grand Poison.

    L’Apocalypse est une vision nouvelle du poison attaquant l’immuabilité et créant l’histoire. La Révolution, une Nouvelle Ère, le Conflit Final, le Millénium.

    Le poison se répand impitoyablement dans le cœur. Le cœur est une chose qui bat, comme un tambour, créant et maintenant le moment éternel. L’Apocalyspe est statique. Elle se tient en dehors du temps et frotte comme une ampoule au pied sur une mauvaise couture. Justice et Droiture piétinant l’amour ne donnent qu’un creuset de soufre sans mercure. Ceux qu’un temps immuable empoisonne sont davantage entraînés par la peur des anciens dieux que par leur foi en la Nouvelle. Un nouveau niveau de superstition et d’intolérance apparaît, mu par la terre elle-même.

    Saturne est le temps.
    Le temps immuable est le soufre de Saturne.

    La solution finale du Christianisme pour le problème de l’Arbre de Connaissance a été de le couper. Il n’est pas certain que cela ait changé. (Ndt : Je ne partage pas complètement cette vision que je trouve englobante et peu "resituée"  dans le temps, pas plus que le parallèle un peu sournois qu’il fait en utilisant explicitement le terme "solution finale".)

    Vert comme le hors-la-loi, en-dehors de la loi. Qui évolue de lui-même, avec ou sans approbation. L’Homme Vert, le barbare, l’homme sauvage au-delà du mur.

    Robin des Bois, Robin le Vert, le Roi de Mai. Jack le Fou qui rencontre l’Homme Vert de la connaissance. Des lumières dansantes. Un Homme Vert s’ébaubissant toute la nuit avant de prendre son siège au Parlement le lendemain.

    The Maypole at Merrymount (Ndt : une nouvelle de Nathaniel Hawthorne). La contre-culture arrivée dans le Nouveau Monde peu après les premiers colons.  Thomas Morton était copropriétaire d’une entreprise qui, en 1625,  amena dans le Massachusset un groupe d’homme liés par contrat. Ils établirent leur colonie à quelques kilomètres de Plymouth. Le but de cette compagnie était le profit. Quand l’absence de profit dans cette contrée sauvage devint évidente, le partenaire de Morton décampa pour la Virginie,prévoyant de vendre les hommes engagés sous contrat et laissant à Morton le soin de gérer l’affaire.

    Morton, qui était aussi poète, fit un discours à ses hommes, leurs expliquant qu’ils n’avaient rien à perdre sauf leurs chaînes, et dans ce cas, pourquoi ne pas se rebeller, se proclamer en tant qu’hommes libres et apprendre à vivre comme les Indiens le faisaient ? Et loin d’être la demeure du Diable comme les Pères pélerins l’appelait, la rudesse du Nouveau Monde devint le Jardin d’Eden.

    Ils mirent en place une communauté anarchiste et la nommèrent Merrymount. Morton avait des tendances païennes et il leur apprit l’histoire des Anciens Dieux. Ils dressèrent un mât de Mai et invitèrent les Indiens des environs à la célébration. Les hommes les trouvèrent amicaux, partant pour prendre du bon temps et faire du commerce. Les hommes de Morton montrèrent aux Indiens comment se servir des mousquets et il se trouva qu’un commerce de fourrures en échange de la poudre et des armes s’établit.

    L’histoire de la fête et des échanges commerciaux remonta jusqu’à Plymouth et Miles Standish effectua un raid avec quelques soldats et kidnappa Morton. Standish avait déjà fourni aux Indiens leur premier surnom pour les Hommes blancs (coupeurs de gorges) quand il avait invité deux chefs à un conseil dans son fort et les avait assassinés en les passant au fil de l’épée. Standish voulu lyncher Morton sur le champs mais certains de ses hommes le convainquirent de ne rien en faire, avançant que Morton avait des amis hauts placés en Angleterre et que cela pourrait avoir de graves répercussions. Alors Standish fit enchaîner Morton à un arbre sur une île pour attendre le premier bateau vers l’Angleterre, présumant que ce dernier mourrait de faim. Les Indiens le nourrirent.

    Le Green Man roman : Hraban Maur (784-856) assimila les feuilles au péché du sexe. Des scultpures de la Grande Déesse apparaissent sur des églises, les jambes écartées, donnant naissance à la végétation. Des représentations sexuelles : des hommes et des femmes de feuilles aux parties génitales disproportionnées.

    Le diable chrétien. Le dieu-berger chrétien.

    Le Green Man sur des sabots, sur des pieds ongulés, un mouflon gravé dans le basalte.

    L’odeur de la forêt en été, les pinèdes, la semence de Pan dégoulinante sur l’écorce fissurée toute suintante de terpène.

    Le Grand Pan est mort -abattu l’arbre qui a résisté, les membres empilés à brûler, les membres d’Osiris.

    Pan. Le Tout. La panique, la peur du vide et de l’infini. La tête ne germe plus mais dévore – L’Homme Vert qui consume même l’illumination.

    La Voie des Poisons : metanoia, kensho : devenir le Green Man. Accueillir l’étranger : "Le dernier d’entre eux, mes frères".

    Tout ce que nous consommons est le Bouddha.