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    Pratiquer en groupe

    Par Aranna © 2007

    La pratique en groupe fait souvent l’objet de questions et de demandes, notamment, comment trouver un groupe de pratique fiable ou une personne avec qui pratiquer pour ne plus se sentir seul dans son coin. Il est vrai que, dans les pays francophones tout du moins, les païens sont proportionnellement moins nombreux que dans les pays anglo-saxons par exemple. Les communautés sont aussi beaucoup plus petites, moins visibles et les outils, comme par exemple les livres, beaucoup plus difficile d’accès pour les débutants, puisque la plupart d’entre eux sont en anglais. Il existe cependant des traductions circulant sur le net, de qualité plus ou moins bonnes suivant les traducteurs, mais ces traductions demeurent tout de même relativement confidentielles. A moins de connaître précisément le texte ou l’auteur que vous cherchez, le forum ou le site sur lequel regarder (et ce ne sont pas toujours les plus visibles sur les moteurs de recherches, loin s’en faut !) les chances de tomber invariablement sur les mêmes textes reproduits partout sont considérables, je pense par exemple à la traduction française du BOS gardnérien traduit par Cédric Lelièvre dont la traduction, outre le fait qu’elle soit copié-collé à peu près partout présente bon nombres d’erreurs et de contresens. Alors, mieux vaut sans doute une traduction pas tout à fait exacte que rien du tout, mais tout ça pour dire que jusqu’à une époque très récentes, trouver des informations fiables et intéressantes relevaient parfois de la gageure. Les choses semblent changer peu à peu, et de plus en plus de forums deviennent plus ouverts, moins confidentiels, mais il demeure chose rare d’avoir dans notre entourage immédiat une personne partageant nos croyances et avec laquelle pratiquer, d’où certaines questions récurrentes : « Est-ce que vous connaissez un groupe de pratique », « je cherche une personne avec qui pratiquer dans ma région », « je cherche un mentor » ou encore « je voudrais être initié à la wicca .

    Je pense que c’est tout à fait naturel au bout d’un certain temps, de se sentir isolé et de chercher d’autres personnes avec qui partager notre expérience, et pas seulement virtuellement. Ceci dit, beaucoup de personnes donne l’impression de vouloir que tout arrive sur un plateau d’argent : un mail avec une liste d’association pour pratiquer en groupe, et un mentor pour qu’il lui explique le mode d’emploi de tout ceci. Et pourquoi pas un Nimbus 2000 pour Yule, pendant qu’on y est ? Plus sérieusement, on ne cherche pas un coven comme on s’inscrit à un cours de judo. C’est autant une affaire de recherche que d’une succession de hasards, (hum, huuum) et, il faut le dire, de patience. Tout n’arrive pas au moment où on le souhaite, et, je dirais même plus, il y a des moments où il ne fait absolument pas que certaines choses se fassent. Sur le coup, rien de plus agaçant et/ou incompréhensible, puis un jour, hop, tout se débloque et on se rend compte d’un seul coup qu’il y avait une excellente raison à cette incompréhensible malchance. Ça ne veut pas dire qu’un bon coup de pied au derrière est inutile, juste qu’il faut relativiser, si ça doit se faire, cela se fera.

     

    Quelques conseils de prudence

    Vous avez trouvé un groupe, un coven, des personnes avec lesquelles pratiquer ? Tant mieux, mais il est préférable de garder en mémoire quelques règles de prudence élémentaires. La plupart des personnes qui fréquentent le milieu païen sont de bonne foi, mais, comme partout ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.

    - Si vous êtes mineur, aucun groupe officiel sérieux ne vous acceptera, ceci pour des raisons juridiques. Certains groupes ou organisations demandent à rencontrer les parents ou à avoir une autorisation écrite. Les groupes informels (amis par exemple) ont évidemment une organisation plus souple, par exemple, si vous et vos amis décidez de fonder votre propre cercle. Dans tous les cas, jamais un cercle ne devrait refuser de voir un de vos parents ou un membre de votre famille si vous le désirez, ni vous interdire de mentionner votre appartenance à un groupe. Il est toutefois important de ne pas confondre avec le secret rituel, qui concerne alors ce qui se passe à l’intérieur du cercle, comme par exemple le déroulement complet d’un rituel.
    Dans le même ordre d’idée, il semble logique que les mineurs ne puissent pas être initiés, ni participer à un rituel skyclad, ce qui exclut donc, en principe, presque tous les cercles « traditionnels ». Pour des raisons de transparence, les cercles, même informels, acceptant des personnes mineures ne devraient pas appliquer le secret rituel, ceci pour éviter des problèmes, mais ce n’est que mon humble avis.

    - Faites attention aux promesses et aux grandes phrases pompeuses. Une personne qui promet de vous initier aux mystères d’Avalon, de révéler vos pouvoirs, de vous transmettre l’intégralité de son savoir, de faire de vous une « vraie » sorcière / sorcier ou n’importe quelle phrase dans ce style est à fuir comme la peste. Ça sent surtout les ennuis, au mieux c’est un blaireau à l’ego sur-dimensionné et caractériel, au pire, un manipulateur qui abuse des personnes n’ayant pas confiance en elles. Je passe bien sûr sur les personnes prônant mélangeant paganisme et initiation à la magie sexuelle, je suis sûre que vous avez parfaitement compris quels types de personnes se cachent derrière ça. En revanche, ne confondez pas avec la pratique skyclad, qui elle n’a rien de pervers ou de malsain. En principe, un groupe sérieux vous dira explicitement si la pratique rituelle est nue ou non, de cette manière, vous savez tout de suite de quoi il retourne. Si on ne répond pas clairement à votre question, méfiance, surtout si le site abonde de photo de déesses dénudée et de passage sur la magie sexuelle.

    - Ne vous précipitez pas pour intégrer un groupe, prenez le temps d’échanger des mails avec les membres, de les rencontrer si c’est possible, bref, voyez si vous avez des atomes crochus avec eux avant de vous lancer, on ne peut pas s’entendre avec tout le monde, et c’est valable aussi –surtout- dans ce domaine là. Dans tous les cas, si vous ne vous sentez pas à l’aise ou que vous avez une mauvaise intuition, écoutez là. Toujours. Il vaut mieux revenir sur ses pas que de se mordre les doigts.

     

    La pratique de groupe

    La pratique en groupe n’est pas meilleure ou moins bonne que la pratique en solitaire, elle est simplement différente et l’ambiance d’un cercle dépend de plusieurs facteurs, comme l’énergie des personnes qui composent ce groupe, la trame des rituels, le fonctionnement interne du groupe. C’est une expérience très enrichissante que de pratiquer en groupe, mais cela demande aussi une certaine dose d’organisation et de mise au point : quels sont les rituels adoptés ? En cas d’écriture commune, gardez à l’esprit qu’il est impossible de mettre tout le monde d’accord, et que les visions et croyances personnelles de chacun ne peuvent pas forcément s’entendre, il y aura forcément un moment où les avis seront divergents, et si on n’y prend pas garde, cela peut rapidement scinder le groupe. Il n’est donc pas forcément mauvais de prendre des textes, charges et invocations déjà écrit, et que les membres du groupe sélectionneront ensemble plutôt que d’écrire vos textes, parce qu’il y aura toujours une personne qui ne se sentira pas à l’aise avec telle ou telle image ou aura l’impression que ses idées n’ont pas été entendues. Le problème ne disparaît pas totalement avec l’emploi de textes déjà écrits, mais au moins si un texte est plébiscité par rapport à un autre, cela veut dire qu’il a éveillé quelques choses chez les membres du cercle, avec l’écriture, le moindre mot est passé au crible, soupesé, et au final, personne n’est content, parce qu’à force de ressembler à tous le monde, le texte ne ressemble à personne. C’est tout l’intérêt des BOS, qui ne sont pas des textes sacrés inchangeables et intouchables, mais plutôt une base liturgique qui met peu ou prou tout le monde d’accord. Cela permet d’éviter de passer trois heures sur l’écriture d’une invocation, et après coup, chacun avoue qu’il la trouve absolument pourrie et qu’elle ne lui parle pas.

     

    Même dans un groupe d’amis hyper soudés, il y a forcément un moment où les difficultés surgissent, que ce soit par rapport à des problèmes extérieurs, ou par rapport à la pratique au sein du cercle. Par exemple, telle personne trouvera que rire dans un cercle est un manque de respect, alors que pour telle autre, c’est naturel et il n’y a rien de mal à exprimer sa joie alors que l’on célèbre un événement important.
    Idem pour le déroulement des rituels, essayer de vous mettre d’accord dés le début : souhaitez-vous mêler magie et célébrations saisonnières ? Comment invoquez-vous le cercle ? (musique, chant, danse, invocation classique) Quels archétypes seront représentés, avec quels panthéons les membres du groupes ont une affinité, est-ce que certain ne se représentent pas les déités etc. Voyez également en fonction du nombre de personnes qui composent le groupe, un cercle de quatre personnes ne fonctionnera pas de la même manière qu’un cercle de huit.

     

    Concernant l’organisation de base du cercle et la conduite des rituels, la plupart des cercles spontanés n’ont pas vraiment de grande prêtresse ou de grand prêtre. D’une certaine manière c’est une excellente chose, puisque cela évite une domination et que la personne conduisant les rituels ne prenne la grosse tête, mais, en même temps, ça créée pas mal de confusion, surtout quand il faut prendre une décision ou trancher, résultat les choses stagnent et la plupart du temps, la situation dégénère progressivement jusqu’au jour où le groupe éclate. Même chose quand certaines personnes ont naturellement tendance à organiser les choses tandis que d’autres les suivent, le jour où ce qu’on pourrait nommer les rapports de forces évoluent, soit ça passe, soit ça fait du dégât. Dans tous les cas, même avec la meilleur volonté du monde, vous ne pourrez pas éviter d’avoir les situations houleuses au sein d’un cercle, pas plus que vous ne pourrez empêcher celui-ci de mourir lorsque son heure sera venu. Les cercles ou les covens sont comme les gens, ils naissent, évoluent, atteignent leurs maturité puis les choses se dégradent et le cercle meurt.