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    Mariage Inter-religieux

    Extrait du livre Handfasting and Wedding Rituals, R. Kaldera et T. Schwartzstein
    traduction & adaptation par Aranna © 2009

    Note : Cet article est surtout destiné aux lecteurs américains qui n'ont qu'une seule cérémonie de mariage, contrairement à la France où seule la cérémonie civile fait office de mariage aux yeux de la loi, le mariage religieux étant une option facultative. Le mariage à la mairie est par définition laïc et s'il existe maintenant la possibilité de personnaliser quelque peu la cérémonie civile (toutefois cette possibilité n'est nullement une généralité. Comme l'échange des alliances, cela dépend des mairies. Certaines sont très ouvertes et offrent de nombreuses possibilités, d'autres s'y refusent absolument), celle-ci ne doit comporter aucune allusion à une quelconque religion.
    La question se pose donc dans le cas où vous avez envie de quelque chose de plus qu'un simple mariage civil, mais que pour différentes raisons (religions, racines culturelles différentes ou que l'un des membres du couples ne soit tout simplement pas croyant) un mariage religieux soit également délicat à envisager.

    En ces jours d’éclectisme religieux, les mariages entre différentes foi deviennent de plus en plus communs. La question d’il y a une vingtaine d’années  « dans quelle foi allons-nous éduquer nos enfants ? » était un dilemme pour beaucoup de couples.  Aujourd’hui, au début de ce XXIe siècle, le sujet de préoccupation est de savoir quels aspects de leurs différentes cultures religieuses leur mariage reflétera.

    En tant que prêtre et prêtresse, nous sommes impliqués à la fois en tant que participants et comme conseiller. Il arrive que l’un des partenaires soit païen tandis que l’autre appartient à une autre foi. Le plus souvent, les deux pratiques en réalité une sorte de paganisme, mais au moins l’un reste attaché à la tradition de son enfance.

    Il y a généralement deux raisons à cela, à vous de reconnaître laquelle vous correspond. La première (et à notre avis la meilleure) est que vous reconnaissez des valeurs émotionnelles et cultures à votre foi, et que cela ait persisté même après que vous soyez devenu païen. Vous désirez rendre un hommage à vos racines et reconnaissez que cela à été le point de départ de votre évolution spirituelle.
    La seconde raison, qui n’est pas incompatible avec la première, est que vous désirez faire plaisir à des relations, des amis ou de la famille qui pratiquent la foi que vous avez quittée. Dans ce cas, la préoccupation principale est de rendre votre mariage (et en même temps, le choix de votre partenaire) « acceptable » aux yeux de votre famille et de vos pairs. Il est tout à fait naturel de désirer que le jour de votre mariage se passe au mieux ! Si les témoins et la reconnaissance ne sont pas importants pour vous, le couple peut opter pour une cérémonie plus privée, ou même pour deux cérémonies séparées. Cependant, gardez à l’esprit que cette solution peut engendrer du stress supplémentaire.

    Dans tout les cas, il est prudent garder ceci à l’esprit : Les personnes qui désirent incorporer des aspects de leurs foi respectives devraient penser à quels éléments en particulier, et à ce qu’ils reflètent non seulement leur foi, mais aussi celle de leur partenaire. 
    Un bel exemple nous a été donné durant le mariage d’un couple d’amis. L’homme venait d’une famille juive. Lui et sa partenaire souhaitaient avoir une maison et fonder une famille, qui comprenait déjà un enfant qu’il avait eu d’une relation précédente. Traditionnellement dans un mariage juif, le couple s’unit sous un dais appelé chuppah (NdT : parfois nommée houpa). Entres autres significations, la chuppah symbolise la nouvelle demeure du couple, tant sur le plan physique que sur le plan spirituel. Sa fiancée en aimait beaucoup le symbolisme mais elle demanda qu’au lieu du traditionnel auvent opaque, la structure soit une treille composée de fleurs, de plantes, de fruits et d’autres éléments de végétation. Le résultat fût splendide et reflétait parfaitement l’union de leurs cœurs et de leurs valeurs.

    Un autre risque est de se laisser piéger par des éléments sournois auxquels on n’avait pas pensé immédiatement. L’une des principales difficultés est de décider quelle importance donner aux éléments non païens au cours de la cérémonie. Souhaitez-vous que ces éléments dominent avec seulement quelques allusions, quelques clins d’oeil au paganisme ? Prenez également en compte les sensibilités et les réactions probables des personnes que vous souhaitez inviter.

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    Une part de la sensibilité religieuse est de comprendre que vous pouvez exprimer ces volontés non seulement dans le contenu, mais aussi dans le contexte des éléments que vous souhaitez inclure à votre rituel. Prenez le temps de vous rendre dans une bibliothèque publique, ou privée (certaines synagogues, temples et églises en ont une), consultez des sites internet basés sur la foi qui vous intéresse.  En plus des livres et d’internet, consulter une personne complètement familiarisée avec cette tradition peut être d’une grande aide. Il est préférable que vous vous sentiez à l’aise avec elle, suffisamment en tout cas pour pouvoir lui parler de vos projets de mariage.

    Si vous avez besoin d’articles spécifiques, demandez-vous : « Où puis-je le trouver ? » (Parfois il suffit de se rendre dans un magasin ethnique, ou de l’emprunter à un ami, parfois c’est beaucoup plus difficile) « A t’il un usage spécifique? » (Quand s’en servir ou ne pas s’en servir, purification éventuelle…) « Quelles personnes ont ou non la permission de s’en servir ? » etc, etc…
    Dans le cas d’un artéfact spécial, (Chuppah, athamé, calice…) il est bon de se renseigner sur les manières appropriées de le traiter. Par exemple, dans le bouddhisme tibétain, il est considéré comme un blasphème qu’un bol chantant ou une cymbale entre en contact ave le pied de quelqu’un, même par accident.

     

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