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    Méditation de Neil Gaiman

    Extrait du livre de Brian Froud, Le monde de Faerie, Fetjaine, 2009

    Touchez ce portillon de bois dans le mur, et que vous voyez pour la première fois.
    Dites « s’il vous plaît » avant d’ouvrir le loquet.
    Une fois passé, descendez le chemin.
    Sur la porte d’entrée principale peinte en vert, un lutin de fonte rouge tient lieu de marteau.
    N’y touchez pas, il vous mordrait les doigts.
    Traversez la maison.
    Ne prenez rien. Ne mangez rien.
    Néanmoins, si une quelconque créature vous raconte qu’elle a faim, nourrissez-la.
    Si elle vous affirme qu’elle est sale, nettoyez-la.
    Si elle vous dit qu’elle souffre, soulagez-la, si vous le pouvez.

    Du jardin de derrière vous aurez le loisir de découvrir des bois à l’état sauvage.
    Le puits profond que vous dépassez conduit au royaume de l’Hiver ; au fond se tient un tout autre pays.
    Là, si vous décidez de rebrousser chemin, vous pourrez vous en retourner en toute sécurité ; vous ne perdrez pas la face.
    Vous ne baisserez pas dans mon estime.

    Une fois passé le jardin, vous entrerez dans les bois.
    Les arbres sont très vieux.
    Dans les fourrés, des yeux vous scrutent.
    Sous la ramure d’un chêne tortueux est assise une vieille femme.
    Elle vous demandera peut-être quelque chose.
    Donnez-le lui.
    De l’index, elle vous montrera le chemin du château.
    Derrière ses murailles attendent trois princesses.
    Défiez-vous de la cadette. Passez votre chemin.
    Dans une clairière, derrière le château,
    les douze mois de l’année sont blottis devant
    un feu, à se chauffer les pieds, à échanger des histoires.
    Pour peu que vous soyez polis, ils vous accorderont des faveurs.
    Vous pourrez peut-être cueillir des fraises dans le givre de Décembre.

    Fiez-vous aux loups, mais ne leur révélez pas
    votre destination.
    Un bac permet de traverser le fleuve.
    Le passeur vous prendra à bord.
    (La réponse à sa question est : S’il confie les
    avirons à son passager, il sera libre de quitter le bateau.
    Attendez d’être à bonne distance pour prononcer cette phrase.)

    Si un aigle vous donne une plume, conservez-la précieusement.
    N’oubliez pas : les géants ont le sommeil trop profond ; les sorcières sont souvent trahies par leur appétit ; les dragons ont toujours, quelque part, un défaut dans leur cuirasse ;
    les cœurs peuvent se dissimuler mais la langue suffit à les trahir.

    Ne soyez pas jaloux de votre sœur. Sachez que les diamants et les roses,
    lorsqu’ils tombent de votre bouche, sont aussi mal à l’aise que les grenouilles et les crapauds,
    plus froids aussi, plus acérés,
    et plus coupants.

    Souvenez-vous de votre nom.
    Ne perdez pas espoir – ce qui est cherché sera trouvé.
    Fiez-vous aux fantômes. Fiez-vous à ceux que vous avez aidés, ils vous aideront à leur tour.
    Fiez-vous aux rêves.
    Fiez-vous à votre cœur, et à votre histoire.

    Lorsque vous vous en retournerez, suivez le chemin de l’aller.
    Les faveurs seront rendues, les dettes remboursées.
    N’oubliez pas vos bonnes manières.
    Ne regardez pas en arrière.

    Chevauchez l’aigle sagace (vous ne tomberez pas).
    Chevauchez le poisson d’argent (vous ne vous noierez pas).
    Chevauchez le loup gris (accrochez-vous à sa toison).

    Il y a un vers au cœur de la tour,
    C’est pourquoi elle chancellera.


    Quand vous atteindrez la petite maison,
    L’endroit où votre voyage à commencé,
    Vous la reconnaîtrez, mais elle vous semblera
    Bien plus petite que dans votre souvenir.

    Remontez le chemin, passez ce portillon de bois,
    que vous n’avez jamais vu, sauf une foid.
    Et puis rentrez chez vous.

    Ou bâtissez un chez-vous.

    Ou bien reposez-vous.

     

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