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    Notes et petit vocabulaire same

    Tiré du livre Migrante est ma demeure de Nils-Aslak Valkeapää  

    (orthographe commune du nord)
     

    áddjá : "vieillard, grand-père", apparaît dans les noms de lieux par référence à l'un des dieux suprêmes de la mythologie same.

     

    Áillahaš : le Sacré.

     

    biello-cizáš : littéralement "grelot-oiselet" ; le nom composé biellocizáš désigne un rossignol migrateur à gorge-bleue (Luscinia svecica).

     

    beaska : "peske", pelisse en peau de jeune renne. 

     

    buorre beaivi : bonjour, salutation habituelle, familièrement abrégée en beaivi ("jour") seul.

     

    bures : salutation généralement répétée deux fois, associée parfois aux salutations plus ponctuelles ("bonne matinée, soirée" etc.) elle s'accompagne d'une poignée de main vigoureuse ou d'une tape amicale dans le dos.

     

    Dierpmis : le Dieu du Tonnerre ; chez les Sames de l'Est, autre appellation de Áddjá.

     

    eahpáraš : fantôme d'un enfant mis au monde en secret et enterré sans sacrement.

     

    gákti : vêtement traditionnel same taillé dans de la bure bleue — aujourd'hui, de différentes couleurs — qui, après avoir été utilisé dans les besognes quotidiennes, est devenu costume d'apparat, symbole de l'identité ethnique. Plissé et chargé de broderies dans la région d'origine de Valkeapää (Eanodat), le costume est droit et plus austère dans le nord de la Laponie. Cez mot d'origine turque ("caftan") est parfois traduit par "blouse", ce qui ne rend compte ni de son apparence ni de son emploi.

     

    gálssohat : pantalon ou jambières de fourrure, décorés de bandes d'étoffe rouge. 

     

    Gieddegeašgálgu : esprit tutélaire des séjours de migrations, chargé de protéger le campement contre tout danger extérieur.

     

    goahti : terme générique pour désigner la tente des nomades sames. En été on se déplace avec un lávvu, tente d'architecture plus légère (perches recouvertes de toile).

     

    háldi : "halde", génie souterrain — voir aussi ulda.

     

    Juoks-áhkku : "La Vieille de l'Arc", divinité qui veille sur la vie du foyer ; souvent confondue avec sa soeur Uks-ákkhu — voir ce nom ; l'arc rappelle la valeur magique des flèches dans l'arsenal du chaman.

     

    láddelaš : on désignait ainsi le "non-Same" qui, par opposition aux éleveurs nomades, possédait des terres ; plus que celui de propriétaire terrien, ce mot a en same moderne le sens de Finnois. 

     

    Mánnu : la Lune, l'un des grand dieux.

     

    Máttaráhkku : la "Mère originelle", mère des trois déesses de la naissance, Sár-áhkku, Uks-áhkku, Juoks-áhkku, triade répandue chez l'ensemble des Sames mais pour lesquelles seule la mythologie des Sames de Norvège a développé des fonctions spécifiques. 

     

    noaidi : le chaman. 

     

    Radien-áddjá : le Maître, pilier qui soutient le monde, garant de fertilité universelle.

     

    Radien-áhkku : l'épouse du Maître.

     

    Radien-bárdni : le Fils du Maître.

     

    Sáivo : désignait à la fois le lieu sacré (montagne en Norvège, lac en Suède et en Finlande) et l'esprit tutélaire qui l'habitait : le Sáivo-olmmái, Same défunt, y menait une seconde vie, qui participait du pouvoir magique de la source bouillonnant en son fond.

     

    Sápmi, Sámi-eana : "Sami", "terre same".

     

    Sáar-áhkku : La Vieille du Feu, déesse de la terre qui préside à la naissance.

     

    šavká : "chavka", bonnet dit des "quatre vents" que portent les hommes avec des pointes saillantes ou pendantes ; le mot, d'origine russe, s'explique par la prédominance hivernale de ce type de bonnet (souvent bordé de fourrure), à la différence du gahpir, de forme conique, commune aux hommes et aux femmes.

     

    sieidi : pierre qui faisait l'objet d'un culte fétichiste dans la pratique de l'animisme originel ; les anciens lieux de culte sont bien répertoriés, conservés surtout par la toponymie scandinave.

     

    skábma : longue nuit polaire, terme culture spécifique sans équivalent dans les langues scandinaves, mais traduit en finnois par kaamos.

     

    Stállu : héros le plus poplaire (bien que honni) des contes sames. Grand, fort, stupide, d'apparence humaine, il est en général hostile au Same (sorte d'ennemi héréditaire), qui devra triompher de lui à l'issue d'un duel sans merci pour s'emparer de ses richesses ; les rituels du combat et les multiples anecdotes liées à ces épreuves ont donné lieu à nombre de légendes qui expliquent la toponymie de la Laponie.

     

    Uks-áhkku : la Vieille de la Porte, déesse de la famille et de la fécondité, postée sous l'entrée de la goahti, fille de Máttaráhkku.

     

    ulda : être surnaturel d'apparence humaine qui vit sous la terre. Une légende veut que ces êtres aient été, à l'origine, des enfants d'Ève cachés par leur mère au regard du créateur. Les Uldes possèdent d'importants troupeaux, que l'homme peut s'approprier en jetant par-dessus un tison ou un couteau. Les filles des Uldes séduisent les hommes par jeu (mais les épousent parfois), et les vieux Uldes ont la manie d'échanger leurs propres enfants contre ceux des humains, qui devront fouetter l'intrus pour récupérer leur progéniture. 

     

    Várenal-olmmái : littéralement l'Homme sur la montagne ; Vearaldenolmmái, l'Homme du Monde, autre appellation de Radien ; à rapprocher du Veraldar goð ("dieu du monde", Frey) des Anciens Scandinaves.